Patrice Chéreau

Patrice Chéreau

© Pascal Victor/ArtcomArt. Saluts Elektra de Richard Strauss, juillet 2013 au Grand Théâtre de Provence – Festival d’Aix-en-Provence.

Né en 1944, Patrice Chéreau passe son enfance à Paris avec deux parents peintres qui lui transmettent très jeune le goût des arts.

 

Il commence sa carrière dans le théâtre, à seulement vingt-deux ans, en dirigeant le Théâtre de Sartrouville avant de travailler au Piccolo Teatro de Milan. En Italie, il monte plusieurs pièces : Neruda, Lulu de Wedekind, Marivaux, Dorst, mais aussi L’Italienne à Alger de Rossini, au Festival de Spolète. Codirecteur du TNP de Villeurbanne de 1972 à 1981 avec Roger Planchon, il aborde Marlowe, La Dispute de Marivaux, Lear de Bond, Wenzel et Peer Gynt d’Ibsen.

 

En 1982, Patrice Chéreau prend la direction du Théâtre des Amandiers à Nanterre avec Catherine Tasca. Il rencontre Bernard-Marie Koltès qu’il contribue à révéler en créant la plupart de ses pièces. Patrice Chéreau monte aussi Genet, Marivaux, Heiner Müller, Tchékhov et Shakespeare : Hamlet, au Festival d’Avignon en 1988. Sa dernière mise en scène est Phèdre de Racine avec Dominique Blanc à l’Odéon-Théâtre de l’Europe puis en tournée à la Ruhr Triennale et au Festival de Vienne en Autriche.

 

Patrice Chéreau débute la mise en scène d’Opéra avec Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach à l’Opéra de Paris (1974). Avec Pierre Boulez, il monte la Tétralogie de Wagner au Festival de Bayreuth (1976), puis la version intégrale de Lulu de Berg à l’Opéra de Paris (1979). Il monte également Lucio Silla de Mozart, puis, après son départ des Amandiers en 1990, Wozzeck au Théâtre du Châtelet en 1992 et Don Giovanni à Salzbourg en 1994.

Au Festival d’Aix-en-Provence, en 2005, il revient à la mise en scène d’opéra avec Così fan tutte de Mozart, puis en 2007 avec De la Maison des morts de Leoš Janácek, livret du compositeur d’après Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski dirigé par Pierre Boulez.

 

Au cinéma, Patrice Chéreau réalise La chair de l’orchidée (1975), avec Charlotte Rampling, Judith Therpauve (1978) , avec Simone Signoret, L’homme blessé (1983), avec Jean-Hugues Anglade et Vittorio Mezzogiorno, Hôtel de France (1987), Le Temps et la Chambre (1992). La Reine Margot avec Isabelle Adjani remporte le prix du jury au Festival de Cannes de 1994, puis cinq césars.

 

Par la suite, ses films se font plus personnels. Ceux qui m’aiment prendront le train reconduit le cinéaste à Cannes en 1998, et Intimacy, tourné en anglais à Londres remporte l’Ours d’or au Festival de Berlin de 2001. Les deux films ont choqué par leur réalisme et leur crudité, mais aussi marqué par leur force et leur mise en scène subtile. Avec Son frère, Ours d’argent à Berlin, Patrice Chéreau continue sur cette lancée et se concentre sur une histoire plus intime, comme dans Intimacy, celle d’une agonie choisie, par un homme qui se découvre incapable de supporter la peur que lui inflige sa maladie. Son dernier film, Gabrielle, est sorti en septembre 2005.