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L’oeuvre de David Hare développe un théâtre politique et populaire. Ses pièces dénoncent souvent la corruption par le pouvoir et l’argent, ou les dérives du système social anglais. De son périple en Israël et dans les territoires palestiniens, il rapporte Via Dolorosa (1998), un monologue engagé qu’il a lui-même interprété. Pour fustiger l’engagement de son pays et la posture de l’Occident dans la guerre d’Irak, il écrit Stuff Happens puis L’Heure verticale.
Formé à l’Ensatt, William Nadylam a joué, entre autres, sous la direction de Peter Brook, Declan Donnellan, Luc Bondy… Il a, par ailleurs, mis en scène Wish I wood avec Daniela Kurtz à l’Opéra Ballet de Nuremberg.
Formé à l’Ensatt et à la Fémis, Bruno Freyssinet a mis en scène Quand la main lâche de Bernard Souviraa. Avec La Transplanisphère, il a travaillé sur l’association théâtre et vidéo dans Les 24 heures du Monde (avec la participation de William Nadylam) et Les Cauchemars de L.
David Hare place le spectateur dans le théâtre des tractations diplomatiques qui prennent place entre le 11 septembre et le début de la guerre en Irak. On retrouve les protagonistes de l’époque : Bush, Blair, Powell, Villepin passant du discours officiel repris mot pour mot devant les médias ou à l’ONU aux scènes imaginées des coulisses. Ces hommes vont décider, tenter d’influer, se laisser influencer pour des enjeux qui vont hypothéquer la vie de milliers de personnes, d’une nation, d’une région du monde. Ils posent les bases d’une nouvelle donne géopolitique et de concepts tels que : choc des civilisations, axe du mal, guerre préventive, prisons et tribunaux militaires d’exception.
En 2004, les propositions radicales d’un Michael Moore (Fahrenheit 9/11) ou plus pragmatiques d’un William Karel (Le Monde selon Bush), interpellent sur notre capacité à réagir au monde à travers le théâtre. David Hare a proposé Stuff Happens à Londres dès la fin 2004. Depuis, la pièce a tracé sa route dans les pays anglo-saxons, elle a même été traduite et jouée au Japon. Avec quelques années de recul et la distance que procure une traduction en français, il semble essentiel de s’interroger à notre tour sur ces événements. Ici, il ne faut pas se laisser abuser par la question de l’actualité du propos. Il s’agit bien de la parole théâtrale d’un des auteurs les plus respectés de la scène britannique voulant se frayer un chemin dans un espace saturé par les médias. La force de ce drame contemporain se situe dans sa capacité à rendre théâtral le mécanisme politique, le jeu d’échecs auquel se sont livrés quelques leaders représentant leurs nations respectives. Il met en lumière la distorsion entre les mots et les faits, la subversion du langage. Il montre aussi l’écart entre l’apparente maîtrise des situations par leurs protagonistes, et l’absurdité du réel.