Résidences

Creuset d’énergie créatrice, Nanterre-Amandiers accueille toute l’année des metteurs en scène, chorégraphes ou plasticiens en mettant à leur disposition ses espaces pour qu’ils puissent penser, fabriquer, créer…

 

Parmi eux, huit artistes seront particulièrement présents tout au long de la saison 2018/2019 pour préparer leurs créations : Boris Charmatz, Begüm Erciyas, Gwenaël Morin, Joël Pommerat, Vimala Pons & Tsirihaka Harrivel), Eszter Salamon et Gisèle Vienne.

 

Le théâtre peut également prêter ses espaces à des artistes pour des répétitions, en fonction de la disponibilité.

Contact prêt de salle : d.vuattoux (at) amandiers.com

Vimala Pons & Tsirihaka Harrivel

PHOTO OLIVIER MARTY

De l’équilibre au vacillement, du chaos à l’agencement, du grandiose au minuscule, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel ont, avec Grande —, leur dernière création, dessiné les contours d’une esthétique singulière, à la croisée des disciplines. Ensemble, ils aiment jouer avec les fondamentaux du cirque et du théâtre physique et surtout prendre le temps de la création: il leur a fallu trois ans pour élaborer Grande —. Les deux artistes, qui mènent leurs recherches en rhizomes et collages, travaillant par associations et «post-it», comme ils aiment à le dire, mettent en chantier leur nouveau projet au calme de Nanterre-Amandiers, où ils seront en résidence à partir de septembre 2018. Tels des laborantins, ils expérimenteront des formes artistiques appelées TESTS qui donneront lieu à des présentations régulières au public tout au long de la saison.

 

«Les TESTS sont, comme le nom l’indique, des tests. C’est une tentative de série de formes (tests) plus ou moins spectaculaires avec la présence d’un public (test). Ces tests vont s’échelonner sur la saison 2018/2019 et se décideront en fonction des nécessités à tester certains éléments (tests) pour validation à l’écriture : ce sont des rendez-vous secrets et des passages à l’acte qui ne seront absolument pas encore des spectacles mais des tests, issus de résidences de travail pour savoir si spectacle il y aura.
Par exemple,
on veut savoir si la musique est bonne : test
on veut savoir si la couleur du costume est séduisante : test
on veut savoir l’heure qu’il est : test
on veut être sûr de toucher le cœur du sujet : test
Les rendez-vous seront annoncés peu avant pour garder leur valeur de tests inédits. Venez.»

TSIRIHAKA HARRIVEL & VIMALA PONS

 

Gisèle Vienne

PHOTO PATRIC CHIHA

Née en 1976, chorégraphe, marionnettiste, metteur en scène et plasticienne, Gisèle Vienne élabore des visions dérangeantes qui s’abîment dans une fascination pour ce qui, dans la mort, brûle de vie. Formée à l’École supérieure nationale des arts de la marionnette, elle peuple son œuvre protéiforme de figures anthropomorphes – marionnettes et mannequins, masques et poupées – et de danseurs, chez lesquels elle traque un corps artificiel : Showroomdummies (2001), I Apologize (2004), Une belle enfant blonde / A young, beautiful blonde girl (2005), Kindertotenlieder (2007), Jerk (2008), Éternelle idole (2009), This Is How You Will Disappear (2010), LAST SPRING : A Prequel (2011), The Pyre (2013), The Ventriloquists Convention (2015) et Crowd (2017). Son travail est tissé de compagnonnages, notamment avec l’écrivain Dennis Cooper, les musiciens Peter Rehberg et Stephen O’Malley, l’éclairagiste Patrick Riou et le comédien Jonathan Capdevielle. À Nanterre-Amandiers, elle a présenté en 2015 This Is How You Will Disappear et The Ventriloquists Convention et en 2017 Crowd. Pendant sa résidence à Nanterre-Amandiers, elle préparera sa prochaine création, une mise en scène de la nouvelle intitulée Der Teich (L’Étang) de l’écrivain suisse-allemand Robert Walser, avec deux comédiens et quatorze poupées de taille humaine…

 

Gwenaël Morin

PHOTO DR

À l’issue de ses études d’architecte, Gwenaël Morin devient assistant du metteur en scène Michel Raskine (1996-1999) et monte des textes de Strindberg, García Lorca ou Camus. En 2009, il s’installe aux Laboratoires d’Aubervilliers où il initie avec une troupe d’acteurs l’expérience du Théâtre permanent, basé sur trois principes : jouer tous les soirs, répéter tous les jours, transmettre en continu. Pendant un an, il travaille le répertoire : Lorenzaccio, Woyzeck, Bérénice, etc. De 2013 à 2018, il dirige le Théâtre du Point du Jour à Lyon où il poursuit le Théâtre permanent. Il y a mis en scène Molière (Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthrope, L’École des femmes, George Dandin), Shakespeare (Macbeth, Othello), Sophocle (Ajax, Œdipe, Électre, La Mort d’Héraklès) Racine (Andromaque), Euripide (Iphigénie chez les Taures), Eschyle (Les Exilées), Victor Hugo (Hernani). Ses spectacles Les Molière de Vitez et Les Tragédies de Sophocle ont été présentés à Nanterre-Amandiers en 2016 et Re-Paradise, d’après The Living Theater, y a été créé en 2018. Gwenaël Morin quittera la direction du Théâtre du Point du Jour en août 2018 et s’installera en résidence à Nanterre-Amandiers où il poursuivra ses aventures.

 

Eszter Salamon

PHOTO BEA BORGERS

Le travail de l’artiste hongroise Eszter Salamon explore le champ chorégraphique en l’étirant vers d’autres formes artistiques. Ses premières pièces (What a Body You Have Honey et Reproduction), marquées autant par une démarche conceptuelle que par un travail sensoriel, soulèvent des questions liées au genre et à sa représentation sur scène. Altérés par des postiches, transformés, les corps mis en scène sont tantôt incarnés dans leurs spécificités physiques (Mélodrame), tantôt dématérialisés et rendus sensibles par une présence sonore (Tales of The Bodiless). Sa volonté de déchirer le voile de silence qui drape généralement le corps du danseur l’a conduite à développer un travail documentaire où la parole fait émerger des biographies singulières. Présentés aussi bien dans des festivals que dans des espaces d’exposition, ses œuvres parviennent à réaliser une fusion inédite de l’esprit et du corps.

Pour son nouveau projet, HETEROCHRONY, elle s’associe à un chœur amateur de Nanterre autour de chants révolutionnaires et, dans tous les temps qui vont jalonner sa résidence au théâtre, elle veut «mettre en avant la dimension critique de [son] travail en lien avec l’histoire et partager avec le public une réflexion sur les pratiques poétiques d’émancipation et de résistance.»

 

Begüm Erciyas

PHOTO ANDRÉ WUNSTORF

Née en Turquie en 1982, Begüm Erciyas a d’abord étudié la biologie moléculaire et la génétique à Ankara où elle a rejoint [laboratuar], un projet autour des arts du spectacle vivant et un groupe de recherche. Diplômée de la Salzburg Experimental Academy of Dance (SEAD), elle obtient la bourse danceWEB en 2006. Depuis lors, elle est membre active de Sweet and Tender Collaborations. Begüm Erciyas a effectué une résidence à l’Akademie Schloss Solitude, à K3 – Centre chorégraphique à Hambourg, au Tanzwerkstatt à Berlin, et en 2014, à la Villa Kamogawa/GoetheInstitut à Kyoto. Ses productions récentes comprennent Ballroom (2010), pièce pour balles de ping-pong qui a été présentée à Nanterre-Amandiers en 2018, this piece is still to come (2012), A Speculation (2014) et Voicing Pieces (2016).

Au cours de sa résidence à Nanterre-Amandiers en 2018/2019, elle travaillera sur la scénographie de sa prochaine création prévue pour le Kunstenfestivaldesarts en mai 2019.

 

Boris Charmatz

PHOTO DUNCAN ELIOTT

Boris Charmatz est né en 1973 à Chambéry. Ancien élève de l’École de danse de l’Opéra de Paris puis du conservatoire de Lyon, il a été interprète chez Régine Chopinot, Odile Duboc, Olivia Grandville, Xavier Marchand et Meg Stuart. En tant que chorégraphe, il est rapidement reconnu pour ses expérimentations multiples, son approche radicale de la danse, son engagement et sa recherche scénographique en prise directe avec le corps. Il est considéré comme l’un des chefs de file de la « nouvelle vague française » et du mouvement de la « non-danse » né au milieu des années 1990. Boris Charmatz a signé une série de pièces qui ont fait date : Aatt enen tionon (1996), manger (2014), Danse de nuit (2016) ou encore enfant présenté à Nanterre-Amandiers en 2015. Artiste associé de l’édition 2011 du Festival d’Avignon, invité au MoMA en 2013 et à la Tate Modern en 2012 et 2015, Boris Charmatz a dirigé de 2009 à 2018 le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne qu’il a renommé Musée de la danse.

Sa résidence à Nanterre-Amandiers sera marquée par les répétitions de sa prochaine création.

 

Joël Pommerat

PHOTO ELIZABETH CARECCHIO

Né en 1963, auteur-metteur en scène, Joël Pommerat a fondé la Compagnie Louis Brouillard en 1990. Il a la particularité de ne mettre en scène que ses propres textes. Selon lui, il n’y a pas de hiérarchie : la mise en scène et le texte s’élaborent en même temps pendant les répétitions. C’est pour cela qu’il se qualifie d’« écrivain de spectacles ». En 1995, il crée Pôles, premier texte artistiquement abouti à ses yeux. En 2006 au Festival d’Avignon, Joël Pommerat crée Je tremble (1) et (2). Il poursuit sa réécriture des contes avec Pinocchio en 2008 et Cendrillon en 2011. En 2010, il présente Cercles/Fictions puis Ma chambre froide l’année suivante. En 2015, il crée Ça ira (1) Fin de Louis (présenté à Nanterre-Amandiers en 2016) puis fin 2017, Marius à la Maison centrale d’Arles avec des détenus de longue peine, un travail en collaboration avec Caroline Guiela Nguyen. Joël Pommerat cherche à créer un théâtre visuel, à la fois intime et spectaculaire. Il travaille sur une grande présence des comédiens et le trouble des spectateurs.