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Biographie Henri Michaux

Henri Michaux naît en 1899, il passe son enfance à Bruxelles dans une famille de chapeliers aisés. Après avoir séjourné dans un pensionnat en Flandre, il poursuit ses études à Bruxelles au Collège Saint-Michel, où il a pour condisciples Herman Closson et Camille Goemans avec lesquels il entretiendra une longue amitié.

 

Adolescent tourmenté, Henri Michaux lit beaucoup pendant ses études chez les jésuites. Il ne s’oriente pas en premier lieu vers l’écriture mais vers la médecine, qu’il abandonnera pour s’engager comme matelot. À la même époque, la découverte de Lautréamont le pousse à écrire. Il en sortira Cas de folie circulaire en 1922, premier texte qui donne déjà une idée de son style. Puis les styles se multiplient et les écrits se succèdent : les Rêves et la Jambe en 1923, Qui je fus en 1927 etc.

 

Dans les années 1920, Henri Michaux collabore activement à la revue d’avant-garde Le Disque vert fondée par Franz Hellens. À cette période, il émigre à Paris. Dès lors, il ne cessera de renier tout ce qui le rattache à la Belgique. En revanche, il gardera jusqu’à la fin de sa vie une réelle affinité avec la France et avec Paris en particulier – même s’il ne cessera pas de voyager dans le monde entier.

 

À Paris, Henri Michaux se lie rapidement avec le poète Jules Supervielle avec qui il restera ami jusqu’à sa mort. En 1936, ils voyagent en Uruguay, chez Supervielle, puis à Buenos-Aires en Argentine.

À Paris, Michaux fréquenta plusieurs figures importantes du monde artistique, comme Brassaï, Claude Cahun, Jean Paulhan, le libraire-éditeur Jacques-Olivier Fourcade, qui fut certainement son meilleur ami. Outre les textes purement poétiques, il rédige des carnets de voyages (Ecuador en 1929, Un barbare en Asie en 1933) ou imaginaires (Ailleurs en 1948), des récits de ses expé­riences avec les drogues, et notamment la mescaline (Misérable miracle en 1956, Connaissance par les gouffres en 1961), des recueils d’aphorismes et de réflexions (Passages en 1950, Poteaux d’angle en 1971), etc.

 

Au centre de l’oeuvre de Henri Michaux, il y a le refus de la réalité quotidienne – « sa défaite : le quotidien » – et la revendication d’« autre chose ». L’idéal de Michaux n’est pas simplement littéraire, il est en quête d’un être au monde créatif, spirituel, personnel. Son besoin de constamment inventer, d’explorer au propre et au figuré, des territoires inconnus, est permanent. « Entre fureur et tao », tantôt avec les couleurs apparemment légères de l’humour, tantôt avec celles d’une angoisse existentielle que l’humour ne parvient plus à cacher.

Parallèlement à l’écriture, dès 1925, il commence à s’intéresser à la peinture et aux arts graphiques en général. Exposé pour la pre­mière fois en 1937, il ne cesse ensuite de travailler, au point même que sa production graphique prendra régulièrement le pas sur sa production écrite.

C’est à 55 ans qu’il va entamer une expérience artistique nouvelle, en consommant de la mescaline, alors qu’il n’avait auparavant consommé aucune drogue mis à part de l’éther. Cette expérimen­tation permet de retrouver l’attrait de Michaux pour la méde­cine et en particulier la psychiatrie, un monde auquel il s’intéresse depuis longtemps. Ces expérimentations se déroulaient avec l’aide d’un médecin, en calculant précisément les doses ingérées, et en notant ou en dessinant ses impressions pendant ces séances. Il s’agit d’une approche scientifique de ces substances psychotropes et de la création artistique qu’elles génèrent.

 

Tout au long de sa vie Michaux, épris de solitude, s’est tenu en re­trait des courants artistiques de son temps, tout en y restant ex­trêmement attentif. Il n’a voulu appartenir à aucun mouvement ou parti. Il a refusé tous les prix littéraires qu’on a voulu lui attribuer. Et rechignait à être pris en photo. Il est mort à Paris le 19 octobre 1984. Et avait écrit peu avant : « Assez. J’ai passeport pour aller demain de par les mondes ».