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Biographie Georg Büchner

Georg Büchner est né le 17 octobre 1813 à Goddelau, près de Darmstadt. Il n’a pas encore dix-sept ans quand éclate la Révolution Française de juillet 1830. Le contrecoup de ces journées de juillet, de l’insurrection belge et du soulèvement des Polonais contre les Russes en novembre se fait sentir dans plusieurs villes d’Allemagne, et le lycée de Darmstadt acquiert la réputation justifiée d’être “une école préparatoire aux associations et menées illicites”…

 

A l’automne 1831 sa famille l’envoie à Strasbourg pour y suivre des études scientifiques. Il y rencontre sa fiancée Wilhelmine Jaeglé et fréquente les cercles de républicains libéraux français et allemands alors tolérés dans la ville. En 1833 il est de retour dans sa province, à Gießen où il étouffe ; il y poursuit ses activités politiques et participe à un mouvement dirigé contre le pouvoir tyrannique des Princes.

 

Au début de l’année 1834 Georg Büchner rédige un pamphlet “pédagogique” destiné aux paysans pauvres de la Hesse: Le Messager hessois, tiré à 1500 exemplaires au mois d’août 1834. Il espère que la prise de conscience que son pamphlet suscitera servira de fondement à l’insurrection contre l’archaïsme du pouvoir dans les petits duchés allemands… Mais le mouvement est jugulé avant même que son texte ne soit vraiment diffusé. Dès l’automne la répression sévit, ses amis sont arrêtés, et lui-même, doit finalement se réfugier à Darmstadt, chez ses parents, pour échapper aux recherches de la police. Il a vingt-deux ans.

 

C’est dans la semi-clandestinité qu’il écrit La Mort de Danton. Au mois de mars 1835, à la suite d’une dénonciation, Georg Büchner doit s’enfuir à Strasbourg (il passe la frontière et se fait enregistrer comme sommelier sous le nom de Jacques Lutzius). Il envoie le manuscrit de la pièce à la revue Phoenix dirigée par son ami et aîné Gutzkow juste avant son départ pour la France. A Strasbourg il retrouve sa fiancée et poursuit ses études, il se prépare à intégrer la Faculté de Zurich alors seule susceptible de l’accepter comme professeur étant donnés ses antécédents politiques. Gutzkow lui procure du travail en lui commandant les traductions de Lucrèce Borgia et Marie Tudor de Victor Hugo ; il écrit Lenz, un récit, et Léonce et Léna, une comédie. Il commence la rédaction de son second drame, Woyzeck, qui restera inachevé.

 

“Je suis à présent complètement plongé dans l’étude des sciences naturelles et de la philosophie, et m’apprête à me rendre à Zurich pour y donner des conférences sur les systèmes philosophiques des Allemands depuis Descartes et Spinoza. En outre je m’occupe à faire se tuer ou s’épouser sur le papier quelques créatures humaines, et je prie le bon Dieu de me donner un éditeur naïf et un vaste public avec aussi peu de goût que possible. On a besoin de courage pour s’attaquer à beaucoup de choses en ce bas monde, même pour devenir maître de conférences de philosophie.”

Lettre à son frère Wilhelm datée du 2 septembre 1836

 

Georg Büchner part pour Zurich en octobre 1836 où il est promu professeur à la Faculté de philosophie, il a alors vingt-trois ans. Quelques mois plus tard, le 19 février 1837, il meurt du typhus. Aucune de ses pièces n’a été jouée de son vivant.

Son œuvre sublime les thèmes du romantisme allemand : l’obsession de la mort, le rapport à la nature, la sexualité, la folie. Büchner ouvre la voie à l’expressionnisme et au surréalisme. Le caractère fragmentaire de Lenz et Woyzeck, leur confère une étonnante modernité qui continue de fasciner les metteurs en scène.

 

En opposition à l’idéalisme alors dominant dans le théâtre allemand, Georg Büchner écarte de ses personnages la fonction de “héros”. “Cet idéalisme est le mépris le plus abject qui soit de la nature humaine.” écrit-il dans Lenz. Jean-François Sivadier refuse la “belle image historique” qui amènerait le spectateur à n’y trouver que les repères qu’il connaît déjà. Il met en scène des “êtres en crise, investis dans un combat qu’ils ne savent plus comment poursuivre. Ils ne parlent plus de la même voix, s’interrogent sur eux-mêmes, sur la liberté, leurs erreurs et leurs rêves.”