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Biographie Federico García Lorca

Issu d’une famille rurale et aisée, « Toute mon enfance – dira-t-il – est villageoise : bergers, campagne, ciel, solitude. » Enfant très doué, Federico García Lorca s’initia très jeune à la poésie, à la peinture et à la musique. Excellent pianiste, c’est à cette dernière activité qu’il pense d’abord se consacrer.

 

Federico García Lorca entreprend des études de droit et de lettres à Grenade où il devient l’ami du compositeur Manuel de Falla. Installé à Madrid, il fréquente Dali et Buñuel, en compagnie desquels il commençe à s’intéresser au théâtre et il se passionne pour les premières expérimentations littéraires et picturales du surréalisme.

 

Tous ceux qui ont connu García Lorca ont été fascinés par le charme étrange qui émanait de lui, un mélange à la fois de joie sans fin et de désespoir insondable : « une décharge de sympathie quasi électrique, un sortilège, une irrésistible atmosphère de magie », dira Alberti.

Après quelques années infructueuses, la publication en 1927 de ses Chansons et le triomphe de sa pièce Mariana Pineda lui ouvrent les portes de la célébrité. Invité à New-York puis à Cuba pour y donner des conférences, Federico García Lorca quitte Madrid et écrit sur place Le Poète à New-York, Au roi de Harlem et Ode à Walt Whitman. Cependant, l’expérience du Nouveau Monde, notamment la découverte marquante du continent sud-américain (Argentine et Uruguay, 1933-1934), fut source pour lui de renouvellement et d’enrichissement thématique.

En 1932, à son retour en Espagne, Federico García Lorca renoua avec sa passion pour l’art dramatique en fondant, avec une troupe de jeunes acteurs, la compagnie théâtrale La Barraca, qui se proposait de parcourir l’Espagne afin de faire découvrir au public populaire les grands classiques du théâtre espagnol (Cervantes, Lope de Vega, Calderón).

Cette expérience fut, pour l’écrivain, l’occasion de se consacrer tout entier à l’activité théâtrale : il est tour à tour impresario, animateur, metteur en scène, décorateur, costumier, acteur et directeur. Il fit d’abord jouer ainsi une série de ses comédies où s’exprimaient toute la verve et toute la fantaisie du peuple andalou, entre autre Doña Rosita la soltera (1930).

Par la suite, il fit représenter une trilogie de pièces tragiques, considérées comme les plus représentatives et les plus importantes de son œuvre théâtrale.

Lorsque la guerre civile éclate, Lorca poursuit ses activités sans se croire inquiété, pourtant « le rossignol d’Andalousie » comme le nommaient ses amis, est arrêté par la garde civile et fusillé le 19 août 1936, bien qu’il n’ait participé à aucun mouvement politique.

Œuvre

L’écriture de Federico García Lorca, profondément enracinée dans la culture et le génie de la terre andalouse qu’il a magnifiés, est parcourue de références multiples : le baroque espagnol, le romantisme, le symbolisme européen, mais aussi les avant-gardes diverses des années 1920. À partir de ce réseau complexe d’influences, le poète sut créer une œuvre unique, profondément originale, échappant à tout classement.

Poésie

Si sa poésie ardente et contrastée rapprochait en effet l’imaginaire savant de l’univers baroque, la modernité surréaliste et le répertoire poétique populaire ancien, c’était pour en extraire une rêverie très personnelle, hantée notamment par les figures de la séparation et de la mort – et plus particulièrement de la mort violente – , comme l’illustrait, en 1934, le célèbre Llanto por Ignacio Sanchez Mejías, un torero tué dans l’arène. La quête existentielle de Lorca fit de la poésie le moyen suprême par lequel inscrire les visages multiples de la vie au cœur même de la douleur inhérente à la condition humaine.

Théâtre

Dans la continuité de son travail poétique, le théâtre de Federico García Lorca illustrait son amour pour les traditions populaires, la gaîté et l’humour andalous, qu’il revisitait dans une veine légère, en laissant transparaître cependant les préoccupations sociales et les interrogations politiques de son temps.

D’une tonalité sombre et grave, les pièces de sa trilogie ont souvent été comparées aux tragédies de la Grèce ancienne. García Lorca y mit en scène les visions obsédantes qui parcouraient son âme : la passion amoureuse qui conduit inéluctablement vers la mort dans Noces de sang, le drame solaire de la stérilité dans Yerma et enfin, l’enfermement, la folie et la solitude extrême dans La Maison de Bernarda Alba. L’oeuvre fut terminée le 19 juin 1936, deux mois avant la mort de l’auteur. Elle ne fut représentée qu’en 1945, en Argentine.

Pièce plus déroutante encore dans sa conception et dans sa construction (elle fait évoluer ensemble plusieurs niveaux d’actions et de situations), Sans titre convoquait à nouveau dans l’œuvre de Lorca le thème de la quête de l’identité humaine. La mort tragique et prématurée de l’écrivain l’empêcha de poursuivre cette œuvre ambitieuse et moderne.