Persona.Marilyn
Du 03 au 07 mai 2011
Salle transformable
À 20h30 - Relâche le lundi
Durée : 3h
Spectacle en polonais surtitré en français
Texte, scénographie et mise en scène Krystian Lupa
Musique Pawel Szymanski
Costumes Piotr Skiba
Vidéo Jan Przyluski
Photographie Katarzyna Paletko
Collaboration dramaturgique Marcin Zawada
Assistante à la mise en scène Katarzyna Kalwat
Assistant à la scénographie Jan Polivka
Lumières Krzysztof Solczyński, Rafał Rudkowski
Son Piotr Mastalerski
Effets spéciaux Piotr Kryczmonik
Musiciens Magdalena Bojanowicz (violoncelle), Anna Sikorzak-Olek (harpe), Barbara Skoczyńska (percussions), Dariusz Pogłud(contrebasse), Krzysztof Zbijowski (clarinette)
Technicien son Andrzej Brzoska
Souffleuse Jaga Dolińska
Traduction française et sous-titres Agniezka Zgieb
avec
Marylin Sandra Korzeniak
Paula Katarzyna Figura
Andre Piotr Skiba
Greenson Wladyslaw Kowalski
Franceso Marcin Bosak
Antropolog Henryk Niebudek
Salzman Agniezka Wosinska
Le grand Mage Paweł Miśkiewicz
Caruso Agnieszka Roszkowska
Réalisateur Krysztof Dracz
Gabriel Balthazar Andrzej Szeremeta
Le Chef-opérateur Marcin Tyrol
Les adeptes Adam Graczyk, Małgorzata Maślanka, Jolanta Olszewska
Production : Teatr Dramatyczny m.st., Warszawy im. Gustawa Holoubka
En dépit de son immense notoriété, la vie privée de Marilyn est un échec et sa carrière la laissera insatisfaite. Les causes de sa mort demeurent l’objet de vives spéculations : surdosage de somnifères ou assassinat politique. Ce sont ces derniers moments de la vie de Marilyn qui nous sont racontés, montrés tour à tour avec les personnes qui ont marqué cette fin d’existence. Paula Strasberg actrice et amie, André de Dienes, photographe qui a entretenu une belle et fidèle relation et dont les photos sont mémorables, le docteur Ralph Greenson, son psychiatre.
La comédienne Sandra Korzeniak donne corps, vie de façon incroyable, naturelle, entière à cette Marilyn en dernière séance photo, en dernières conversations, en dernière liaison amoureuse. Elle est là, c’est elle, fantastique !
L’expérience sensorielle que procure ce spectacle est intense et va au-delà du formulable ou, par exemple, de catégories comme celle du « beau », et on retrouve Marilyn.
Lupa a commencé un triptyque concernant un moment de la vie de personnages célèbres. Tout d’abord avec Andy Warhol puis Marilyn et suivront Simone Weil et Gurdjieff.
Après un diplôme de graveur à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie, Krystian Lupa interrompt des études de cinéma pour se former pendant quatre ans à la mise en scène à l’lnstitut d’art dramatique de Cracovie, puis commence sa carrière au théâtre Norwid de Jelenia Gora. Après deux spectacles personnels, il monte des auteurs contemporains polonais tels que Gombrowicz ou Witkiewicz. Puis ses mises en scène puisent leur matière dans la littérature russe ou autrichienne : il a monté ou adapté pour la scène des auteurs tels que Musil, Dostoïevski, Rilke, Thomas Bernhard, Tchekhov ou Hermann Broch.
Selon Lupa, qui signe lui-même (outre la scénographie et parfois la musique de ses spectacles) les adaptations et les traductions des textes qui l’inspirent, sa prédilection pour les romanciers vient de ce que « les auteurs de drame pensent trop en termes de théâtre et trop peu en termes de vie. » Il tire de leurs œuvres des mises en scène d’une durée envoûtante (à titre d’exemple, Malte occupait trois soirées, et Les Frères Karamazov ou les Esquisses six à sept heures).
Depuis 1983, il enseigne à l’Institut d’art dramatique de Cracovie, où il occupe la chaire de Doyen de la faculté de mise en scène.
"Andy Warhol disait que le sujet et le personnage principal de ses films, c’était la personnalité d’un être humain, avec tout son « inexprimable », et non pas son histoire et son destin. Si l’on considère qu’un être humain est un objet, alors il vaut mieux le regarder que raconter des histoires sur lui.
Les trois fantaisies sur les trois personnalités (Warhol, Monroe et Weil*) sont une tentative de suivre les traces d’Andy Warhol.
Le sujet de ces trois pièces, ce n’est pas l’histoire de ces trois personnages, mais la mise à nu des situations ; là où la personnalité devient visible, et un point de croisement entre le personnage et un acteur qui s’engage alors dans une aventure personnelle, voire intime, et dans une expérience d’échange fantastique et téméraire avec le personnage.
On ne peut réduire la personnalité d’un individu à son seul caractère. Il est aussi son rêve extrême, sa version potentielle non accomplie. C’est enfin une part d’auto-suggestion et d’auto-escroquerie, ainsi qu’un mythe qui explose parfois chez les autres.
Ces trois personnages – Warhol, Monroe et Weil –, bien qu’étant des individualités différentes, sont liés par un même besoin de dépasser les frontières. Bien qu’il soit difficile de les comparer, leur vision de la transgression est la même – éternellement humaine."
Krystian Lupa
* Factory2, Persona. Marilyn, Persona. Le Corps de Simone
Production : Teatr Dramatyczny. Avec le soutien de l’Institut Adam Mickiewicz de Varsovie et l’Institut Polonais de Paris.
Le texte Persona. Marilyn n’est pas publié.
►Débat avec Le Monde diplomatique
Samedi 7 mai à 18h : La fabrique des icônes
Avec Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherche au CNRS, auteur, entre autres, de À côté du Genre, éd. Le bord de l’eau(2010) et Pierre Conesa, collaborateur au Monde Diplomatique, auteur de Le guide du Paradis, éditions de l’Aube (à paraître).
Modérateur : Michel Chaumont du Théâtre Nanterre-Amandiers
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