Jean-Pierre Vincent Metteur en scène
En 1959, Jean-Pierre Vincent fait ses débuts comme comédien dans le groupe théâtral du lycée Louis-Le-Grand à Paris, avec Jérôme Deschamps et Patrice Chéreau. Il y fait ses premiers essais de mise en scène et participe comme acteur et collaborateur aux premiers spectacles de Patrice Chéreau, avant de s’installer avec lui au Théâtre de Sartrouville jusqu’en 1968, date à laquelle il crée avec Jean Jourdheuil la compagnie Vincent-Jourdheuil, Théâtre de l’Espérance. Après le succès de La Noce chez les petits-bourgeois de Brecht, ils créeront une dizaine de spectacles mémorables avant de se lancer dans l’expérience du Tex Pop (Théâtre Expérimental Populaire) dans les locaux du Palace à Paris. En 1975, la compagnie se dissout et Jean-Pierre Vincent est nommé directeur du Théâtre national de Strasbourg, aventure collective avec une bande d’acteurs, d’auteurs, de dramaturges, de metteurs en scène associés.
En 1983, il devient administrateur de la Comédie-Française qu’il quitte en 1986 pour redevenir metteur en scène indépendant et professeur au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique.
La période strasbourgeoise sera marquée par la création, entre autres, de Germinal, Vichy fictions, Le Misanthrope, Le Palais de justice, la période de la Comédie-Française par l’entrée au répertoire de Jean Audureau, de Jean Genet et par la venue en France de Klaus Michael Grüber et de Luca Ronconi.
En 1990, il prend la direction du Centre dramatique national de Nanterre -Théâtre des Amandiers où il alterne les créations contemporaines et le répertoire classique jusqu’en 2001 où, une fois encore, il redevient metteur en scène indépendant et recrée une compagnie, le Studio Libre.
Il marquera sa présence au Festival d’Avignon en participant à la naissance de “Théâtre Ouvert” en réalisant la mise en espace du Camp du drap d’or de Serge Rezvani. Il y mettra en scène Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht en 1972, En r’venant d’l’expo de Jean-Claude Grumberg en 1973, Peines d’amour perdues de William Shakespeare en 1980, Dernières nouvelles de la peste de Bernard Chartreux dans la Cour d’honneur en 1983, La Tragédie de Macbeth de William Shakespeare dans la Cour d’honneur en 1985, Œdipe à Colone et Œdipe tyran de Sophocle en 1989, Les Fourberies de Scapin de Molière dans la Cour d’honneur en 1990, Lorenzaccio de Alfred de Musset dans la Cour d’honneur en 2000 et Le Fou et sa femme ce soir dans Pancomedia de Botho Strauss en 2002.
Frédérique Plain Assistante à la mise en scène et à la dramaturgie
Après l’agrégation d’Histoire et une formation de comédienne, Frédérique Plain choisit de se consacrer à la mise en scène. Elle est l’assistante de Jean-Pierre Vincent depuis 2003, ayant avec lui collaboré à sept spectacles. Parallèlement, elle a aussi travaillé avec Gildas Milin, Claire Lasne, Alain Françon, et enseigné en Arts du spectacle à l’université Paris-VIII de 2001 à 2005. Spécialiste de Musset, elle a participé à de nombreuses publications dans le domaine du théâtre, notamment à Europe, le Journal des trois théâtres et aux Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française. Elle a récemment créé sa compagnie et prépare un spectacle qui se jouera cette saison autour de deux pièces en un acte de Musset : Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée et On ne saurait penser à tout.
Bernard Chartreux dramaturgie
Auteur dramatique, dramaturge, traducteur, Bernard Chartreux inaugure son parcours théâtral au Théâtre universitaire de Nancy où il rencontre Jack Lang puis Jean Jourdheuil. Depuis 1974 il travaille avec Jean-Pierre Vincent qu'il accompagne au TNS (1975-1983), à la Comédie-Française(1983-1986), au Théâtre des Amandiers à Nanterre (1990-2001), et actuellement à la compagnie Studio Libre. Auteur dramatique, il a écrit notamment Le Château dans les champs et Le Tombeau d’Atrée (d’après Eschyle) montés par Robert Gironès, Cacodémon Roi et Le Tombeau de Richard G montés par Alain Milianti, Violences à Vichy I et II, Dernières nouvelles de la peste, Un homme pressé, Cité des oiseaux, Hélène Fred (in Karl Marx Théâtre Inédit), montés par Jean Pierre Vincent. Ses pièces ont été traduites en portugais, en allemand et en anglais.
Pour le Théâtre Nanterre-Amandiers, il a traduit Œdipe tyran et Œdipe à Colone de Sophocle. Il s’est associé à Jean-Pierre Vincent et à Eberhardt Spreng pour traduire Un homme est un homme de Bertolt Brecht, Woyzeck, La Mort de Danton, Léonce et Léna de Georg Büchner, à Bernard Bloch pour les Portraits juifs de Herlinde Koelb, et à Eberhard Spreng pour La Femme d’avant de Roland Schimmelpfennig et Cent jours de Lukas Bärfuss.
Dramaturge, il a donc collaboré à la plupart des spectacles de Jean-Pierre Vincent parmi lesquels Le Mariage de Figaro (Beaumarchais), Le Faiseur de théâtre (Thomas Bernhard) Le Jeu de l’amour et du hasard (Marivaux), Les Prétendants (Jean-Luc Lagarce), mais aussi Le Nozze di Figaro et Mitridate (Mozart) qui lui restent particulièrement chers. Toujours avec Jean-Pierre Vincent il participe à la formation des jeunes acteurs à l’école du TNS, à l’ERAC et à l’ENSATT.