Gilles Taschet, scénographie

Gilles Taschet scénographie

 

Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.

Sa pratique de la scénographie s’exprime au théâtre et à l’opéra mais aussi dans le domaine de l’exposition et des musées où il introduit la fiction et développe la notion de scénario de visite.

Après une longue collaboration au sein de l’équipe de Jean-Pierre Vincent, il rejoint en 1996 Jean- Louis Martinelli au Théâtre National de Strasbourg où, tout en collaborant aux créations, il enseigne la scénographie aux étudiants de l’école du T.N.S.

Depuis 2000, il signe les scénographies des spectacles de Jean-Louis Martinelli.

Il est aussi intervenant à l’Institut Français de la Mode et chargé de cours à l’Université Paris X dans le cadre du DESS mise en scène et dramaturgie.

 

Les Fiancés de Loches de Georges Feydeau / mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2009)

Les Coloniaux deAziz Chouaki / mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2009)

A la mémoire d’Anna Politkovskaïa de Lars Norén / mise en scène de Lars Norén (2008)

Détails de Lars Norén /mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2008)

Mitterrand et Sankara de  Jacques Jouet / mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2008)

Kliniken deLars Norén / mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2007)

Bérénice de Racine / mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2006)

La République de Mek-Ouyes de Jacques Jouet / mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2006)

Schweyk de Bertolt Brecht/ mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2005)

Médée de Max Rouquette/ mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2003).

Exposition Télémaque. Galerie Louis Carré et Cie. Paris. 2003.

Platonov de Anton Tchékov/mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2002).

Jenufa opéra de Janacek/mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2002).

Exposition Jacques Villon. Galerie Louis Carré et Cie. Paris (2002).

Atelier Encyclopédique du Parc Naturel Régional Livradois-Forez (2002).

Exposition La Commune. Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg (2001).

Catégorie 3 :1 de  Lars Norén/mise en scène de Jean-Louis Martinelli (2001).

Exposition Estève. Galerie Louis Carré et Cie. Paris. (2001).

La Didone opéra de Cavalli/ mise en scène de Pascal Paul Harang (1997).

Exposition Metz-Trèves- Luxembourg. Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg.(1997)

Musée Historique du Papier. Ambert. Puy de Dôme.(1997).

Exposition Baltasar Lobo. Galerie Nathan. Zürich.(1996).

Exposition Di Rosa. Galerie Louis Carré et Cie. Paris. (1996).

Le Baiser d’amour, mise en scène Attilio Magiulli. (1988).

Le Retour de la Villégiature deGoldoni/mise en scène deAttilio Magiulli.(1987).

 

Théâtre National de Strasbourg.(1996-2000).

Collaborations aux spectacles mis en scène par Jean-Louis Martinelli.

Calderon de Pasolini, Andromaque de Racine, Germania de Heiner Müller,

Emmanuel Kant de Thomas Bernhart, Oedipe le Tyran de Hölderlin.

 

Théâtre Nanterre-Amandiers.(1987-1993).

Collaborations aux spectacles mis en scène par Jean-Pierre Vincent.

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, Oedipe Tyran de Sophocle, Oedipe à Colone de Sophocle, Les Oiseaux d’Aristophane, Princesses de Fatima Gallaire, Les Caprices de Marianne de Musset, Fantasio de Musset, L’homme pressé de Bernard Chartreux. Woyzek de Büchner.

 

Missions de Muséographie. Mises en espace de Collections. (1992-2000).

Coordination de l’installation et finalisation du dossier muséographique de la Grande Galerie de l’Evolution du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris. Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg. Musée d’Histoire Naturelle de Luxembourg. Salles chronologiques des Antiquités Egyptiennes du Musée du Louvre. Rénovation du Musée des Arts et Métiers à Paris.

La scénographie par Jean-Louis Martinelli


 

Le 30 mai 2009

 

La séance de travail avec Gilles Taschet sur la scénographie de Une maison de poupée fut très riche.

Cet espace est le paysage mental de Nora, libre par la présence de l'extérieur très palpable et traversé de toutes parts.

Les autres personnages ne la laissent jamais en repos, tous viennent à elle et pèsent sur elle : mari, enfants, amie, amoureux transis, créditeur, etc.

Au poids du mur de la famille répond l'appel de l'extérieur, Nora est enfermée en elle-même, l'issue est possible pour peu qu'elle le puisse et le veuille. Ici, elle va s'en sortir par le haut ; l'oiseau sortira de sa cage. La dernière image du spectacle verra Nora au-dessus de la boîte, comme en lévitation. Elle sort de cette histoire par le haut, mouvement d'ascension, d'ailleurs cher à Ibsen et que l'on retrouve dans plusieurs de ses pièces. Ainsi, en est-il à la fin de Quand nous nous réveillerons d'entre les morts lorsque le quatuor part en montagne et que Rubek et Irène périront dans une avalanche. Cette image d'ascension, aspiration à la transcendance est aussi au centre du projet de Solness le Constructeur : sortir des contingences de l'existence vers le haut.

Ici, le sapin dominant l'espace à l'arrière-plan invite, dès le départ, à l'élévation, ce n'est donc pas un triste pin mais une flèche dirigée vers les cieux, une flèche lumineuse de Noël, signe de la renaissance de Nora.

Nous avons choisi de rendre visible la boîte aux lettres des Helmer. C'est elle qui contient le secret, le ressort de l'énigme ; ce sera un point de tension.

À la ouate du jardin, correspondra le silence des pas à l'intérieur. Seules les proches arrivées seront sonores, autour de la pièce sur la passerelle alors que tout bruit sera étouffé grâce à la moquette recouvrant le sol, qui lui aussi impose silence.

La scénographie mêlant ainsi intérieur et extérieur, située délibérément aujourd'hui, tout en évoquant un espace du Nord de l'Europe, échappe aux clichés dérivés de la peinture d'Hammershoi, par exemple.

Enfin le mur, le seul construit et opaque masque de la famille, pourra évoquer le mur des palais de tragédie. Mais, là encore, dans la recherche du signe. Ainsi, à la seule porte du bureau de Torvald Helmer sera dévolue la fonction d'évoquer le poids de la tradition, du pouvoir de l'ordre ancien. Tout le puritanisme de la société norvégienne sera figuré par cette porte qui pèse sur l'espace de Nora et dont elle semble ne jamais franchir le seuil. Le bureau de Helmer est le lieu de la société des hommes.

Face à cet ordre ancien, Nora pose un espace contemporain, puisque d'évidence c'est bien ce qui se joue dans cette pièce, comme dans toute tragédie, le passage d'un ordre ancien à un ordre nouveau.

Jean-Louis Martinelli