Le Roi Lear
Du 15 septembre au 27 octobre 2007
Grande Salle
À 20H sauf le dimanche à 15H30
Attention pour ce spectacle, exceptionnellement deux relâches par semaine: les lundis et mardis.
Durée 3h45
Texte William Shakespeare
Texte français Pascal Collin
Mise en scène Jean-François Sivadier
Collaboration artistique Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit et Nadia Vonderheyden
Scénographie Christian Tirole
Costumes Virginie Gervaise
Lumière Philippe Berthomé
Son Jean-Louis Imbert
Création musique Fred Fresson
Collaboration au travail Vincent Rouche, Anne Cornu et Frédéric Fresson
Régie générale Dominique Brillault
Assistante à la mise en scène Véronique Timsit
Assistée de Anne De Queiroz
Avec
Nicolas Bouchaud
Stéphen Butel
Murielle Colvez
Vincent Dissez
Vincent Guédon
Norah Krief
Nicolas Lê Quang
Christophe Ratandra
Nadia Vonderheyden
Rachid Zanouda
Producteur délégué : Théâtre National de Bretagne, Rennes
Coproduction : Festival d'Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers, La Rose Des Vents - Scène Nationale Lille Métropole - Villeneuve-D'ascq, Espace Malraux - Chambéry, Compagnie Italienne avec Orchestre, Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées.
La pièce Le Roi Lear, rédigée probablement vers 1603, se caractérise par deux intrigues mêlées, sorte de variation sur le même thème avec des effets de miroir et d’inversion qui les enrichissent mutuellement. Le Roi divise son royaume en trois parts, qu’il destine à chacune de ses trois filles Goneril, Régane et Cordélia. Avant de procéder au partage, il leur demande de lui faire, publiquement, une déclaration de leur amour filial, en échange de quoi (et selon la qualité du texte), elles se verront attribuer une part plus ou moins opulente. Le Roi Lear est une histoire de territoires et de corps. De places et d’identités. Le Roi descend du trône et le monde se déplace. Le Roi dépose la couronne et personne ne reconnaît plus personne. Le Roi décide d’être partout et nulle part en même temps, Kent transforme l’exil en liberté et chacun s’abîme : «Où suis-je? Où sont les autres? Qui suis-je? Qui sont les autres?». Être et ne pas être, c’est la question au centre de laquelle chacun a rendez-vous avec lui-même. La première scène commence dans la lumière d’un optimisme suspect. Un geste, un mot, un trait sur une carte suffisent à renverser l’ordre de l’État et du monde. Les terres et les corps sont réunis ou séparés comme des marchandises. La scène s’achève dans la stupeur, l’explosion des familles et des frontières, l’effondrement des valeurs et des hiérarchies. Mais surtout dans la promesse d’un pays que Cordélia a désigné à son insu, une région de l’âme où la raison ne peut poser aucun masque, un endroit où Shakespeare attend ses personnages, un territoire déplacé et vide de toute représentation. La réponse de Cordélia achève d’en détruire l’équilibre. Le Roi Lear, on pourrait dire, sans jeu de mots, c’est tout le théâtre à partir de rien.