Le corps
C’est donc l’aliénation qui constitue l’Eros racinien. Il s’ensuit que le corps humain n’est pas traité en termes plastiques, mais en termes magiques. On l’a vu, l’âge ni la beauté n’ont ici aucune épaisseur : le corps n’est jamais donné comme objet apollinien (l’apollinisme est pour Racine une sorte d’attribut canonique de la mort où le corps devient statue, c'est-à-dire passé glorifié, arrangé). Le corps racinien est essentiellement émoi, défection, désordre. Les vêtements, dont on sait qu’ils prolongent le corps d’une façon ambiguë, à la fois pour le masquer et pour l’afficher ont à charge de théâtraliser l’état du corps : ils pèsent s’il y a faute, ils se défont s’il y a désarroi ; le geste implicite ici, c’est la mise à nu (Phèdre, Bérénice, Junie), la démonstration simultanée de la faute et de la séduction, car chez Racine, le désordre charnel est toujours d’une certaine manière chantage, tentative d’apitoiement (parfois poussé jusqu’à la provocation sadique). Telle est la fonction implicite de tous les troubles physiques, si abondamment notés par Racine : la rougeur, la pâleur, la succession brusque de l’une et de l’autre, les soupirs, les pleurs enfin dont on sait le pouvoir érotique : il s’agit toujours d’une réalité ambiguë un signal et une commination, à la fois expression et acte, refuge et chantage : bref le désordre racinien est essentiellement un signe.Roland Barthes
Extrait de : Sur Racine aux éditions du Seuil
Patrick Dutertre
FormationReçu major au concours d'entrée de l'E.N.S.A.T.T (1970)
Etudes à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Tours (1965-1970)
Danse contemporaine / Comédie (Avant 1965)
Théâtre
Décors et costumes :
Pour Jean-Michel Ribes :
Tout contre un petit bois, la cuisse du steward de Ribes, Tedy de J.C. Bourdon, Amorphe d’Ottenburg de J.C. Grumberg, La priapée des écrevisses de C. Siméon et Le complexe de Thénardier de J. Pliya Phèdre Racine/Vitez, La leçon de Ionesco, Propriété condamnée de Tennesse Williams
et En pleine mer de Mrozeck/G. Vergez, Les caprices de Marianne A. de Musset/R. Fortune, Perspectives ultérieures Kroetz/Atlan, Le dîner de Lina P. Minyana/S. Loïc, Class enemy N. Williams/J.M. Dupuis, Exposition P. Minyana/P. Tabart, L’indien cherche le Bronx I. Horowitz/S. Loïc, Le rire de David V. Haïm/J. Bouchaud, La tête dans les nuages M. Delaruelle/J. Bouchaud, Papier d’Arménie J.J. Varougean/A. Bénichou, Désiré S. Guitry/J. Echantillon, Le chasseur de lions J. Toméo/J.J. Préau.
Costumes
Pour Jean-Louis Martinelli :
Calderon de Pasolini, Le jugement dernier de B.H. Lévy, Les marchands de gloire de Pagnol, Roberto Zucco de B.M. Koltès, L’année des treize lunes, voyage à l’intérieur de la tristesse de Fassbinder, Andromaque de Racine, Germania 3-les spectres du mort-homme de H. Muller, Thomas Bernhard comédies, Emmanuel Kant comédie de T. Bernhard, OEdipe le tyran de Sophocle, Le deuil sied à Electre d’E. O’Neill, Catégorie 3.1 de L. Noren, Platonov de Tchekov, Jenufa de Janaceck, Médée de M. Rouquette et Schweyk de Bertolt Brecht. Antigone Brecht/J.L. Martin Barbaz, Pique-nique de Claretta R. Kalinski/A. Vitez, Dernière prosopée K. Eddine/Hamma Meliani, Le loup garou Vitrac/R. Weingarten, La cagnotte Labiche/J.M. Ribes, Erasme, le voyage à Bâle P. Laville/S. Amouval, Music-hall J.L. Lagarce/A. Fromager.
Décors
Hôtel Baltimore L. Wilson/A. Arcadi, Gilles de Rais, Folies bourgeoises, théâtres d’Arthur Adamov de et par R. Planchon, Brèves de comptoir J.M. Gourio/J.M. Ribes, Mathilde V. Olmi/D. Lont
Télévision
Palace réalisé par J.M.Ribes (décors et costumes)
L’heure espagnole réalisé par François Porcile (décors)
Opéra
Le pont des soupirs Offenbach/J.M. Ribes, Jenufa Janacek/J.L. Martinelli
Patrick a présenté en 1981 sa première exposition personnelle à la Maison de la Culture Pablo
Picasso à Nanterre. Il a également travaillé à l’image de marque de Fashion Group, il a réalisé des projets de sacs et posters pour Bloomingdale’s à New-york,