La Mort de Danton
Du 23 septembre au 23 octobre 2005
Transformable
À 20h30 sauf le dimanche à 15h30 — Relâche le lundi
Durée 2h40 sans entracte
Texte Georg Büchner
Mise en scène Jean-François Sivadier
Collaboration artistique Nicolas Bouchaud et Véronique Timsit
Texte français de Jean-Louis Besson et Jean Jourdheuil
Scénographie Jean-François Sivadier et Christian Tirole
Costumes Virginie Gervaise
Assistante costumes Anne-Emmanuelle Pradier
Lumière Ronan Cahoreau-Gallier
Assistante à la mise en scène Véronique Timsit
Avec
Marc Bertin
Nicolas Bouchaud
Stephen Butel
Marie Cariès
Sarah Chaumette
Charlotte Clamens
Vincent Guédon
Frédérique Loliée
Christophe Ratandra
Jean-François Sivadier
Rachid Zanouda
Le Texte La Mort De Danton Est Publié Aux Éditions Théâtrales.
Coproduction : Théâtre Nanterre-Amandiers, Théâtre National de Bretagne - Rennes, Festival d'Avignon, Compagnie Italienne avec Orchestre, Mc2 Maison de la Culture de Grenoble
Avec le soutien de L'Adami et de la Région Île-De-France
« Chacun de nous est un gouffre ; on a la tête qui tourne quand on regarde au fond. »
Büchner a vu que la Révolution était un événement total dépassant le champ politique pour emporter tout l'espace social dans une danse folle. A vingt-deux ans, il a mis toute la Révolution dans son oeuvre.
Médecin, il décrypte et décèle toutes les passions des individus et de l'époque : l'ivresse et la violence du pouvoir, les noces de l'érotisme et de la pulsion de mort, le désespoir affolé des condamnés, la sottise menaçante du peuple embourbé dans sa misère.
Philosophe, il scrute les raisons intimes de la mort de Danton, en deçà même du politique : cette vitalité qui doute et qui s'épuise, ce gai savoir du néant qui conduit Danton et les siens vers une sorte de suicide.
Révolutionnaire, il est pris de vertige à propos de la Révolution, du chemin inéluctable qui mène Robespierre de la Vertu à la Terreur, et Danton de la défense du peuple à la corruption.
Amant, il trace de très simples et bouleversants portraits de couples : Danton et Julie, Camille et Lucile Desmoulins, nouvelle Ophélie.
Poète, il capte dans son alambic toutes les langues de la Révolution et trace une nouvelle dramaturgie, contre l'idéalisme de Schiller et Goethe. Les grisettes et les pauvres y tiennent des rôles aussi importants que les rois républicains de ce monde.
La Mort de Danton analyse au scalpel le douloureux accouchement d'une république: la profondeur de la pièce tient dans cette bataille qui les mêle et les oppose. Ces voix de la révolution sont tiraillées entre la force du peuple qui la rend possible et l'appel du pouvoir qui éloigne sa mise en oeuvre active. Interminable histoire d'une trahison continue.
Danton apparaît comme un errant suicidaire, figure terrienne du désir et de la liberté. Robespierre traduit l'idéal d'une politique sans faille, corps uni derrière une idée pure, figure céleste de l'ordre et de la vertu.
Ce cortège des figures du politique prend vite des allures picturales, chacune tenant un rôle dans cette allégorie de la révolution. Les prises de paroles, pour ou contre Danton, s'énoncent dans l'espace d'un théâtre, lieu polémique par excellence.
Dans le Dictionnaire encyclopédique du théâtre dirigé par Michel Corvin (Bordas-Larousse), Bernard Dort écrit : " La Mort de Danton n'est pas une tragédie historique comme son modèle, le Jules César de Shakespeare. Szondi notait justement que, en tant que héros, Danton est déjà mort quand la pièce commence. L'affrontement de Danton et de Robespierre tourne court ; la tragédie révolutionnaire ne peut avoir lieu : elle se défait devant nous. L'histoire bascule dans la mort et la folie. Comme le disait G. Raulet, " crise de la raison moderne, La Mort de Danton adopte une forme de crise de la tragédie ".