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Attention nouveaux horaires : les intégrales de Notre Faust, saison 2, du 29 mars au 1er avril, auront lieu à 19h !

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L’Opéra du Sichuan – Une forme dramatique traditionnelle

L’Opéra du Sichuan est un style d’opéra chinois qui existe depuis la dynastie Ming (1368- 1644). Les formes que l’on connaît aujourd’hui sont un développement dans la droite ligne de la tradition.

 

Au début du XXe siècle, un mouvement de réforme stylistique fut mené, notamment par Kang Zhilin et sa Compagnie des Trois Célébrations (Sanqinq) fondée en 1912. Il mélange des techniques et styles provenant de cinq école différentes pour générer un type d’opéra nouveau. Il popularisa certains mouvements désormais typiques comme le «troisième oeil» : un coup de pied vertical qui projette un «oeil» au milieu du front de l’acteur.

Pendant la révolution culturelle, l’art de l’Opéra du Sichuan souffrit mais continua de se développer, en particulier après la réforme économique chinoise de 1978.

La formule traditionnelle est typiquement composée de chants et danses, de performances de «changement de visage» (le bianlian, une technique secrète et très particulière de masque), de passes d’épées, de cracheurs de feu. Toutes ces techniques tradionnelles apparaîssent tissées à l’intrigue et sont invoquées pour les besoins de la narration et du rythme du spectacle, souvent vif et entraînant.

 

Les chants et les dialogues sont en sichuanais, langue régionale qui existe en Chine depuis près de 3000 ans.

Le sichuanais utilisé à l’opéra se caractérise par une poétisation du sens, une prononciation spécifique des caractères et des tons, mises en place il y a environ 300 ans.

Les textes des chansons, rythmés et rimés, se calquent sur la musique et l’instrumentation ; il existe cinq formes différentes de chants.

Les maquillages sont plutôt économes comparés à ceux d’autres formes d’opéra chinois. Ainsi les couleurs sont traditionnellement limitées au noir, au rouge, au blanc et au gris.

Note d’intention

Un tremblement de terre et des fleurs qui éclosent en plein hiver, un pays gouverné par des femmes, des hommes à deux visages, des plantes qui font voler, une fée chassée du monde des immortels et réincarnée en mortelle, un singe blanc expert en kung-fu, un homme qui abandonne le monde et l’amour de sa famille pour chercher un chemin singulier et solitaire.

Voilà quelques-unes des étrangetés et drôleries que vous pouvez voir dans ce spectacle, inspiré par le roman de Li Ju Chen, Les Fleurs dans le miroir.

 

Ce roman écrit en 1828 est un grand classique de la littérature chinoise, assez peu connu en Europe. Conte fantastique et philosophique, riche de symboles et de multiples niveaux de lecture, ce livre étonnant est aujourd’hui adapté par l’Opéra du Sichuan de Chengdu.

 

La troupe est déjà venue en Europe en 2007 présenter un Roi singe qui a remporté beaucoup de succès auprès du public. Cette fois-ci, une collaboration inédite s’est développée avec le Grand Théâtre de Luxembourg, le Théâtre Vidy-Lausanne et la Compagnie Fabbrica pour mêler des traditions ancestrales et parfois secrètes avec une esthétique et des techniques d’aujourd’hui. Masques, cracheurs de feu, kung-fu, instruments anciens se mêlent à la musique électronique, aux lasers et à la vidéo pour raconter cet univers de rêve où les simples mortels dialoguent avec les créatures célestes et où les prophéties rêvées sont plus vraies que la réalité.

Résumé

Les Fleurs dans le miroir est un roman de Li Ju Chen (1763-1830 environ). Il est considéré comme un très grand classique de la littérature chinoise de la dynastie Qing (1644-1911).

Les nombreuses allégories qu’il contient affirment notamment des positions philosophiques taoïstes et des engagements sur le droit des femmes. Le caractère fantastique de l’écriture dénote une imagination étonnante de l’auteur, totalement différente et inattendue dans le paysage littéraire de son époque. Il raconte l’exil parmi les mortels d’une déesse, la fée des Cent Fleurs, et sa quête pour regagner son immortalité perdue, avec l’aide du lettré Tang Ao, personnage central du roman. Dans la riche mythologie chinoise, cette fée des Cent Fleurs est une sorte de haut fonctionnaire du royaume céleste, qui veille sévèrement sur toutes les espèces de fleurs pour qu’elles n’éclosent que dans la saison appropriée. Elle est punie par une déchéance parmi les mortels suite à un manque de vigilance et un dérèglement des saisons sur la terre : l’impératrice aurait ordonné aux fleurs de pousser en plein hiver pour son seul plaisir.

 

Li Ju Chen use de l’allégorie et de l’entrelacement d’innombrables niveaux de langage et de points de vue. Les fleurs dans le miroir est, entre autres lectures possibles, un roman fantastique de voyage à travers des régions inventées, peuplées de créatures et de peuples aux moeurs étranges, qui peut rappeler l’écriture d’un Rabelais.

La fée des Fleurs est réincarnée en fille du lettré Tang Ao. Elle décide d’étudier, destinée peu commune pour une femme en Chine à cette époque. L’action du livre se situe au VIe siècle, sous le règne d’un souverain qui est aussi une femme, l’impératrice Wu Zetian (625-705), figure quasiment légendaire, seule impératrice qui a pu gouverner la Chine en son nom propre. L’imaginaire se mêle à la réalité historique, et l’écrivain développe autour de ce personnage féminin une subtile satire politique et sociale sous le couvert du conte.

 

Romancier et érudit natif de Pékin, Li Ju Chen (1763-1830) est connu en Chine pour un traité de phonétique (le Lishi Yinjian) dans lequel il transcrit la phonétique du dialecte de Pékin. Il a aussi rédigé un manuel de jeu de Go (Shou Zi Pu). A l’image de son personnage Tang Ao, il a abandonné sa carrière officielle et ses études de médecine pour se consacrer à son art.