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Toutes premières notes… un instant dans 2007

Au commencement, il y a deux couples qui se livrent une bataille quasi sado-masochiste et qui s’engagent ainsi dans une ronde morbide liée à leur destruction.

Vu sous cette angle, l’univers de Mayenburg semble bien sombre et pourtant il y a pour moi dans cette observation du monde en décomposition un regard tellement vif et critique qu’il déclenche forcément à la lecture et sur scène beaucoup d’humour : cet humour noir et acerbe, cet humour des familles où le pire côtoie toujours…le pire.

 

Où nous emmène cette ronde des cinq qui luttent chacun à leur façon pour survivre ? C’est ce que je monterai dans ce spectacle.

 

Ce sera un spectacle de troupe comme la pièce est écrite.

 

De la vidéo le ponctuera : pas de la vidéo pour illustrer, de la vidéo qui accompagnera les émotions au même titre que la musique, le décor et la lumière. Je pense beaucoup à l’utilisation de l’image que fait DV8 et qui traduit souvent si bien la solitude des êtres car ce sont finalement cinq chemins solitaires que cette pièce nous montre avant tout. C’est évidemment sur ce point que tout le monde pourra se retrouver.

 

Les acteurs chanteront aussi : certainement des tubes illusoires illustrant leurs désillusions.

 

Je parlerai frontalement de ce monde en dépression où chacun devient un parasite pour l’autre ou pour lui-même mais il y aura dans l’observation de ce monde tout l’entrain et la vivacité qui, d’une certaine façon, me caractérise.

 

Philippe Calvario

Notes du 21/09/2008

C’est d’abord le titre de cette pièce qui m’a interpellé, avant même de me plonger dans la lecture du texte. Comme une évidence, un appel : un écho se faisait entre ce mot et mon sentiment intérieur d’alors.

Le désir de raconter l’histoire de ces cinq parasites dans une écriture d’aujourd’hui devient alors indestructible.

 

La vie de ces cinq êtres lâchés là, les uns sur les autres ; chacun encombrant l’espace du voisin. Et tous devant vivre malgré tout, malgré la gêne créée par l’autre.

Montrer les ressentiments de ces cinq abandonnés ; leurs difficultés à dire l’amour, leur incapacité à s’étreindre et la violence de leurs corps qui s’entrechoquent.

 

Ne pas pouvoir assumer ce manque d’amour, mais le jeter plutôt à la face des autres dans une violence infinie…

Attendre tout de l’Autre sans jamais rien oser lui donner.

Attendre toujours et tellement, et ne recevoir finalement que des cris ou du silence…

 

Philippe Calvario

Sur la pièce

Dans la nouvelle pièce de Marius von Mayenburg, cinq personnes cherchent leur vie et aucune ne peut être seule. Des parasites, deux par deux – ceux qui sont en bonne santé ont autant besoin des malades que les malades ont besoin d’eux. Sans réellement parvenir à s’aider. Mayenburg montre des relations symbiotiques entre la haine et l’amour. Chacun se nourrit de l’autre pour survivre. Deux couples dans une relation de corps-à-corps dépendant et parmi eux erre Multscher, un vieil homme, tel un ange de la mort.

 

(Hartmut Krug dans le Tagesspiegel, 20 mai 2001)

 

Des êtres de supermarché, c’est ce qu’ils sont tous, des sacs plastiques emportés par la vie qui n’ont rien de mieux à faire que de s’empêtrer les uns dans les autres. Des êtres sans secret dans un monde résolument d’ici-bas, des personnages décousus comme ces poupées de papier, à qui l’on met toujours d’autres vêtements, en les fixant avec des pattes. (…)Mayenburg n’a pas de paratonnerre contre le dégoût du monde: c’est ce qui rend l’horreur de ses créatures si irritante. Le crachat verbal de Schwab, la Bavière de Kroetz ou l’Autriche de Bernhard: il ne reste plus à Mayenburg qu’à trouver le dégoût dans l’individu même. Et c’est ce qui le rend si existentiel.

 

(Georg Diez dans la Süddeutsche Zeitung, 20 mai 2001)