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Compte-rendu de la tournée du Novothéâtre au Nicaragua, Guatemala et Costa Rica

Nous avons donc créé 3 spectacles en 3 semaines, avec 3 acteurs différents de chaque pays avec comme partenaire Bruno Boëglin . Il s’agissait de mettre en scène une lecture des lettres écrites par Koltès au Nicaragua, Mexique, Guatemala, San Salvador et Brésil et la lecture d’extraits d’une petite nouvelle que nous avons appelée Victor, jeune garçon tué « par désoeuvrement » par la Guardia Civil à Managua.

Ce qui devait être une lecture bilingue est devenu un spectacle sur la lecture d’un acteur et metteur en scène français avec un acteur latino dans sa langue et si chacun avait une connaissance modeste de la langue de l’autre, cela nous a conduit à donner du sens au spectacle en dehors de la traduction pure que nous n’avons pas souhaitée systématique.

Ainsi parfois les langues se chevauchaient, parfois se répondaient, parfois se traduisaient littéralement.

Le parti pris était de conserver une possibilité d’improvisation, de jeu et de connivence entre 2 acteurs français et centroaméricain, et pourquoi pas une rivalité.

Le but était de rompre toute monotonie et de donner au style de cet écrivain en voyage l’aspect vivant, familier, enthousiaste et affectueux que contiennent ses lettres qui parfois font référence à son travail d’écrivain et en prouvent déjà aussi la valeur.

 

Nous remercions CulturesFrance et les réseaux à l’étranger pour cette opération qui confirme l’intérêt évident de l’échange de deux cultures qui se réunissent pour rendre un hommage discret à un écrivain français dans une forme accessible et ludique. Il a été fort apprécié sur place de re-créer à chaque fois le spectacle avec un acteur local.

Le procédé pourrait se reproduire en Espagne et dans les autres pays de langue espagnole.

 

Acte public, société de production à Lyon avait commencé à filmer un portrait de Bruno Boëglin quand le projet de créer un spectacle à partir des lettres de Koltès dans 3 pays d’Amérique Centrale a pris forme.

Le réalisateur Didier Dematons a décidé de suivre le voyage et d’en faire un film qui dépasse le projet de portrait du départ ou le complète judicieusement puisque qu’il caractérise assez justement l’ouverture du metteur en scène sur le Nouveau Monde.

Un film de 52 minutes raconte l’expérience artistique et humaine de 3 créations différentes au Nicaragua, Guatemala, Costa-Rica avec 1 acteur de chaque pays.

Pour les représentations à Nanterre nous avons choisi Otto Guaytan du Guatemala pour sa profondeur et sa sensibilité.

Extraits

San Salvador, ici, c’est la Suisse ou le Lichtenstein américain, on traverse la capitale en une demi-heure, et on connaît tout le monde en 2 heures. Tu va rire : au bout de 4 jours ici je suis obligé de me barrer faute de tranquillité ; on frappe à ma porte jusqu’ à 3 heures du matin, et je vais de parties en parties.

J’espère que les guatémaltèques sont plus froids.

 

Je crois que mon véritable rêve, fondamental, est un rêve de confort, ni trop chaud, ni trop froid, avec un appareil à griller le pain et une vue de la fenêtre, sur un petit bois familier.

 

Le principal, c’est cette révélation de se trouver devant quelque chose qui ne fait pas une minute penser à nos ruines de châteaux ou nos cathédrales, quelque chose de tellement sophistiqué, de tellement secret qu’on croit assister à un retournement du sens du temps, et qu’on est devant l’élaboration interminable et progressive d’un projet d’avenir très lointain.

 

Bernard-Marie Koltès