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Brochure 17-18 en ligne ! Venez faire la fête le samedi 17 juin…

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Complicite

Fondé en 1983 par Simon McBurney, Annabel Arden et Marcello Magni, Complicite a réalisé plus de trente créations. Ses spectacles ont tourné dans le monde entier et ses succès lui ont valu de nombreux prix internationaux.

En France, Complicite a été découvert par Peter Brook qui a présenté en 1995 aux Bouffes du Nord The Three Lives of Lucie Cabrol. Mnemonic a été programmé deux fois à la MC93 Bobigny en février 2001, puis en décembre 2002. Ce spectacle exceptionnel a reçu un accueil enthousiaste du public et a été couronné, notamment, par les Prix du Syndicat de la critique 2001 (meilleur spectacle étranger), du Time-Out Live Award et du Drama Desk Award.

En 2004, Complicite fête ses 21 ans. Groupe en constante évolution d’interprètes et de créateurs, dirigé aujourd’hui par Simon McBurney, le travail de Complicite s’étend de l’adaptation de récits et de nouvelles à la revitalisation des classiques, ou à la création collective d’oeuvres majeures telles que Mnemonic. Tout en multipliant ses approches de création, la compagnie recherche des points de convergence entre les différents arts, afin de créer une polyphonie qui résulte de l’imbrication des textes, des images et de la musique. Ces rencontres favorisent le développement sur scène d’une action dramatique vivante et inventive qui dérange les habitudes, bouscule les modes conventionnels de pensée. On ne peut exagérer la part de responsabilité qu’ont les comédiens dans ce type de travail. Ils apportent tout à la pièce. Au départ, il s’agissait surtout de fournir le contexte qui permettrait à la compagnie de prendre son envol. Une atmosphère d’encouragement et de liberté est essentielle. Le processus de la collaboration exige du temps, de la confiance, de la patience, de l’ouverture, d’être accessible, de la concentration et de la créativité.

Le spectacle A Disappearin number s’intègre à un ensemble d’œuvres comme The Elephant Vanishes The Street of Crocodiles d’après les récits de Bruno Schulz (Royal National Theatre, tournée mondiale et reprise dans le West End londonien) ; Les Chaises de Ionesco (Royal Court Theatre et Broadway) ; The Three Lives of Lucie Cabrol, d’après un récit de John Berger (tournée mondiale) ; Le Cercle de craie caucasien de Brecht (National Theatre et tournée mondiale) ; Étrange Poésie en collaboration avec l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles au Walt Disney Concert Hall (janvier 2004), Mesure pour Mesure au National Theatre, Londres (mai à juillet 2004), la reprise de The Noise of Time d’après Dimitri Chostakovitch avec l’Emerson String Quartet à Moscou et au Palais Garnier à Paris (juin 2005).

Introduction

Les mathématiques sont le cœur de l’histoire de Ramanujan et Hardy. Beaucoup des collaborateurs sur A Disappearing Number étaient d’abord effrayés par les mathématiques, mais en se réunissant nous avons joué avec les nombres et les formules pour être à l’aise avec les concepts mathématiques et la compréhension du sujet. Cette manière d’explorer par le jeu rendit vivantes les mathématiques mais il restait à savoir comment rendre ces idées mathématiques sur le plateau.

Sachant que la production ne ferait l’effort de comprendre ou expliquer les mathématiques, l’histoire ou les métaphores théâtrales sont utilisées dans le but d’exprimer les mathématiques à travers le rythme, les motifs des mouvements et les structures des scènes.

 

Nous avons commencé en jouant à des jeux très simples.

 

Les mathématiques ne sont pas un sport de spectateur. George M Phillips

Rendre vivantes les mathématiques sur le plateau

Exercice : les séquences de nombre

Une personne se place debout face au reste du groupe et dit une séquence de nombres à haute voix. Cette séquence doit comporter une logique comme une série mathématique (par exemple les nombres premiers ou les multiples de trois), ou une séries de dates importantes ou de numéros de téléphone. Certaines peuvent s’achever d’autres êtres infinies.

 

Regarde et écoute la personne disant les nombres. Que remarques-tu?

Peux-tu déterminer un modèle?

Peux-tu dire si les nombres ont une résonance émotionnelle avec celui qui les prononce?

Qu’est-ce qui contraint une séquence de nombres?

 

Faits ensuite dire à 5 personnes sur scène leur séquence en même temps.

 

Qui devient le plus intéressant à regarder et pourquoi?

Qu’est-ce qui est le plus intéressant: reconnaître et prévoir un motif ou écouter une séquence apparemment aléatoire?

Exercice: Théorie de la division

Une des formules mathématiques que Ramanujan et Hardy travaillèrent ensemble prédit le nombre de division qu’un nombre peut avoir. Le nombre de division est le nombre de manière dont on peut exprimer un nombre sous la forme d’une somme.

Par exemple, il y a 3 divisions du nombre 3:
  • 1+1+1
  • 2+1
  • 3
Il y a 4 divisions du nombre 4:
  • 1+1+1+1
  • 2+1+1
  • 3+1
  • 4

Alors que le nombre augmente légèrement, le nombre de division, lui, augmente très rapidement.

 

Par groupe de 5, 6 ou 7, dispersez vous « spatiallement » dans toutes les manières possibles pour votre nombre. Faites particulièrement attention à l’ordre que vous choisissez pour réaliser les divisions et comment vous bougez entre les différents arrangements.

 

Comment vous souvenez-vous des mouvements?

Est-ce que le nombre de personne dans le groupe contrait à des formes, espacements et mouvement particuliers?

 

Est-ce que la séquence finale des mouvements suggère un récit dramatique ou une danse?

Exercice: La dynamique des nombres

Quand nous pensons aux nombres nous avons tous immédiatement des images mentales: 3 peut faire apparaître l’image d’un 3, trois objets, un triangle, ou trois dimensions. Les nombres sont tous unique et ont chacun des qualités distinctes. En tant que créateur de théâtre nous explorons combien chaque nombre a la possibilité de se traduire comme un son, un rythme ou un mouvement. Nous avons commencé en explorant les nombres entiers positifs, puis les nombres négatifs, rationnels et non rationnels, et les nombres imaginaires.

 

Essayes d’exprimer différent nombre à travers des sons, des rythmes ou des mouvements.

Comment 1 se comporte et se relie à l’espace? Quel est son rythme? sa tension?

Y-a-t-il une dynamique physique intrinsèque à un nombre?

 

Plus tard dans les répétitions nous avons étudié des formules et essayé de transcrire des expressions mathématiques complexes en phrases de mouvement. Par exemple, l’irrationalité de la racine carrée de 2 a été exprimée par deux personnes désespérément collés l’un à l’autre et forcés à se séparer dans un mouvement perpétuellement instable.

 

Cette improvisation est devenue ensuite une proposition pour la scène (cf aussi la vidéo Patterns (motifs) sur le site www.complicite.org pour un exemple d’une improvisation née du motif rythmique de l’identité mathématique « la différence de deux carrés »).

 

Nos explorations d’idées abstraites nous donnèrent alors des propositions de formes et structures que nous avons développés dans des scènes et des séquences de mouvements.

Histoire et structure mathématique

J’ai toujours vu le mathématicien comme un observateur en toute première instance…

Une fois que le mathématicien a observé… la seconde tâche est alors d’expliquer aux gens comment arriver jusque là.

 

GH Hardy, Une apologie du mathématicien

 

Quand nous faisons une pièce de théâtre, nous commençons par regarder les histoires que nous voulons raconter et par la décomposer en éléments essentiels. Nous avons besoin de découvrir ce qui est plus important à propos des personnages, leurs relations et les thèmes que nous souhaitons développer. Alors nous pouvons construire un enchevêtrement complexe des histoires par strate d’images, mots et mouvements. Tout au long du chemin, nous explorons beaucoup de configurations et de motifs dans le but de trouver des connections entre les diverses histoires que nous voulons raconter et comment certaines juxtapositions peuvent créer des résonances particulièrement plus fortes que d’autres pour le public.

 

Quand nous décomposons le matériel, nous devons faire attention à ne pas omettre d’informations cruciales. Durant tout le processus de création, il y a un constant aller retour entre notre travail et le texte original simplement pour éviter de laisser quelque chose derrière qui est nécessaire à l’histoire.

 

Deux détails triviaux oubliés peuvent conduire à une impasse. JE Littlewood

Exercice: Histoires en images

En groupe, choisis une histoire réelle (dans un journal par exemple) et essaye de la raconter à travers une série d’images statiques (tableaux). Demande au public de fermer leurs yeux pendant que tu bouges entre les images de manière à ce qu’ils voient simplement une série de scènes figées scène (cf. aussi la vidéo Patterns (motifs) sur le site www.complicite.org pour un exemple de cette improvisation).

 

Le nombre d’images que vous utilisez importe-t-il? Deux images sont elles trop peu et dix trop?

Un nombre pair ou impair est-il plus efficace?

Ressentez vous le besoin d’utiliser un rythme inégal entre les images?

Y-a-t-il clairement, un début, un milieu et une fin?

L’histoire est-elle claire?

Si cette histoire visuelle est claire alors vous pouvez en recomposer des versions plus détaillées.

 

Proof=preuve. Je pense ici que cela signifie fait.

Les preuves mathématiques sont identiques dans l’essence, mais doivent exprimer juste assez d’informations pour communiquer l’idée mathématique clairement. Construit comme la plus petite série possible des éléments essentiels assemblées uniquement dans le bon ordre, les preuves commencent avec un axiome (thème) alors plus développé comme une composition théâtrale ou musicale. Un exemple: la preuve par reductio ad absurdum qui fonctionne par construire une proposition et systématiquement la réduire à l’absurde, prouvant ainsi que le compte des propositions doit être vrai. Le théorème de Pythagore de la non rationalité de la racine carrée de 2 commence par assumer que la racine carré de 2 est rationnelle et termine en révélant que ce nombre rationnel ne peut exister, se résolvant dans un dénouement dramatique.

 

Une équation mathématique doit être surprenante.

GH Hardy, Une apologie du mathématicien

Comment l’esprit imagine

D’où vient la créativité? L’imagination est-elle influencée ou déterminée par la culture? Est-ce que quelqu’un aux croyances hindoues à un meilleur accès à l’idée de possibilité et de croyance en l’infini? Pourquoi et comment Ramanujan a été amené à penser différemment les mathématiques? Est-ce que le langage mathématique transcende les différences culturelles ou bien est-ce que la différence culturelle dans les mathématiques est-elle toujours évidente entre Ramanujan et Hardy?

Exercice: Association de mots

Se placer dans un cercle avec tous les membres d’un groupe. La première personne dit un mot et la seconde un autre en lien avec le premier. En même temps que la chaîne de mots grandit se dégage assez bien une logique narrative. Presque tout le monde est capable de suivre le chemin de pensées. Fais alors le contraire, et essaies de dire des mots qui n’ont pas de liens entre eux.

 

Il y a un certain plaisir, un certain humour associé à cette seconde liste de mots : les liens de l’absurde surgissent. Cependant, même quand nous essayons d’arrêter les associations de mots, nos cerveaux travaillent beaucoup à organiser des images de manière logique et réussissent souvent. Nous pouvons alors observer en premier lieux que nous cherchons tous constamment des structures. Nous sommes entourés par des motifs dans le monde autour de nous, et avons une habilité innée à les reconnaître.

Exercice: Exercice de coordination

Une personne est debout face au groupe et réalise une série d’actions simples avec une courte pause entre chaque mouvement. Le groupe copie les mouvements et réalise les mêmes mouvement que le leader, mais avec un temps de retard, puis deux temps. (cf. aussi la vidéo Patterns (motifs) sur le site www.complicite.org)

 

Un simple exercice de répétition nous montre combien il est difficile de casser les modèles.

 

Les groupes d’animaux organisés en société – y compris les hommes – fonctionnent naturellement bien comme un ensemble. Essaie de penser aux moments dans la vie où tu ressens une impulsion innée pour faire quelque chose: cela peut-être le moment de parler dans une conversation, le premier baiser ou quand traverser la rue. Les comédiens doivent souvent réactiver ces impulsions individuellement quand ils travaillent en salle de répétition ou sur la scène. Un ensemble d’acteurs jouant qui partage ces impulsions est capable de respirer, réagir et bouger comme un seul homme.

L’espace et le temps

Les mathématiciens se décrivent souvent comme des explorateurs à la découverte d’un paysage mathématique.

 

Une preuve est un voyage d’un endroit familier vers un ailleurs inconnu.

Marcus du Sautoy

Exercice: le jeu du triangle

Cela peut se jouer avec n’importe quel nombre de joueur dans un espace relativement grand. Chaque personne choisi secrètement deux autres personnes dans la pièce. Alors chacun bouge pour créer un triangle équilatéral avec les deux personnes choisies. Les triangles doivent être très précis.

 

Le mouvement qui s’ensuit apparaît chaotique mais les rythmes et figures suggèrent une sorte d’ordre (peut-être une version animée d’un fractal où un simple de jeu de règles crée des motifs complexes et semblablement aléatoires). Si nous devions écrire l’équation mathématique pour les combinaisons des groupes de trois, cela donnerait:

(n)(n-1)(n-2)/6 avec n = nombre de participants.

 

Quelquefois le jeu se conclut par une situation fixe.

Est-ce qu’on arrivera toujours à un arrêt total?

Est-ce que la taille de l’espace fait une différence dans le choix des mouvement, des rythmes, des motifs?

Le motif se répète-t-il?

 

Les mathématiques nous permettent de décrire la réalité physique dans laquelle nous existons et aussi de comprendre la possibilité d’autres dimensions. La géométrie cartésienne nous permet de transcrire ces dimensions complexes et cachées (cf. aussi la vidéo Permanence et Idées (Idées et Permanence) sur le site www.complicite.org). Dans le théâtre, nous devons aussi considérer la variété des points de vue que nous pouvons offrir au public et la manière que nous avons de les montrer. Nous pouvons présenter la réalité extérieure d’une situation mais nous voulons aussi révéler les paysages émotionnels cachés et les sujets sous-jacents. Quelquefois nous présentons une scène dans une multitude de perspectives différentes en changeant les angles, le point de mire, et l’échelle pour mettre en valeur certaines significations cachées, ou choisir de rendre abstraite une situation pour l’éclairer d’une autre manière.

 

A travers l’étude des mathématiques, nous sommes aussi forcés de considérer l’infini qui devient un thème prépondérant de A Disappearing Number.