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La billetterie du théâtre sera fermée du 14 juillet au 21 août inclus. La réservation par internet reste ouverte !

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A propos de La Mort de Danton

« La Mort de Danton ne montre pas le grand théâtre de la révolution française mais, dans ses coulisses, la crise d’identité que traversent ses acteurs. « La révolution est comme Saturne elle dévore ses propres enfants » : le 5 avril 1794, Robespierre envoie Danton et ses partisans à la guillotine avant d’y être conduit lui-même quatre mois plus tard.

Büchner ne s’intéresse pas à l’Histoire mais à l’homme dans l’Histoire, pas au conflit entre Danton et Robespierre mais au conflit de chacun avec lui-même. Quand la pièce commence les mots ont commencé à remplacer les actes, la Révolution n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le jeune médecin, scientifique, philosophe, Büchner ausculte les nerfs, le cerveau, la pensée et le corps épuisé de ces « enfants de la révolution» qui s’interrogeant sur sa métamorphose en viennent à s’interroger sur eux-mêmes.

 

En profond désaccord sur la manière de poursuivre le combat dans lequel ils se sont engagés ensemble et qui les a révélés à eux -mêmes, les personnages de La Mort de Danton se tendent les uns aux autres des miroirs, s’arrachent leurs masques et s’abîment dans la conscience de ne pouvoir maîtriser l’Histoire et d’être les jouets de sa mécanique implacable. Büchner ne délivre aucun message, aucune leçon, mais dans une langue d’une vitalité inouïe, travaille à une autopsie de la révolution. Et surtout, comme Danton dénonce la vertu de Robespierre, Büchner dénonce l’idéalisme de Schillet et invente un théâtre neuf, expérimental, scientifique, fragmenté, déconstruit la notion de personnage et met en scène Danton, un anti-héros qui contribue au désordre en prenant le centre pour dire qu’il n’agira plus.

 

La pièce commence comme une fresque historique, s’achève comme un poéme lyrique et se révèle être un véritable manifeste sur l’art comme acte de résistance au temps. Condamnés dès le début de la pièce (ne serait-ce que par le titre), Danton et ses camarades tour à jour terrifiés et exaltés devant la mort, ne font plus que s’écrire, se penser et se perdre dans un délire poétique, philosophique, amoureux. Dans leur prison, ils sont comme des acteurs à qui on a demandé de quitter le plateau et qui se saoulent de poésie avant de sortir, ivres de la grande scène de l’Histoire. »

 

Jean-François Sivadier