Vous êtes ici:
Accueil » Saison 2003-2004 » Guerre

La billetterie du théâtre sera exceptionnellement fermée les samedis 8 et 15 avril 2017. La réservation par internet reste ouverte !

Guerre

Texte et mise en scène

Lars Norén

Guerre

Guerre

Tableau de fin de guerre. Aucune précision de temps ou de lieu. Pourtant des échos familiers se font entendre : 39-45, Algérie, Rwanda, Bosnie, Tchétchénie… Il s’agit sans doute de toutes ces guerres à la fois. Ces guerres où soudain le compagnon d’hier devient bourreau, où la règle n’est plus simplement de vaincre l’ennemi mais de pousser la barbarie jusqu’à torturer, violer, décimer des villages, éradiquer des communautés entières.

 

La pièce s’ouvre donc à la fin d’une guerre. Plus précisément à cet instant du retour chez soi, lorsque le plus terrible semble derrière soi mais qu’il reste encore un dernier pas à faire. Un soldat revient dans son village après avoir été prisonnier dans un camp, il est aveugle. Il retrouve sa femme et ses deux filles, Sémira, 11 ans, et Beenina, 15 ans. Elles le croyaient mort. A peine arrivé, son épouse lui apprend que son frère Ivan a, comme beaucoup, disparu. Il ne veut rien savoir de plus, ce qu’il ne sait pas il ne le sait pas, il veut que tout redevienne comme avant, comme avant la guerre. Pour cela, il faut réparer le toit, trouver à manger, cultiver son jardin. Mais rien n’est comme avant. Les ravages de la guerre sont incontournables : les horreurs se dévoilent au détour des conversations et dans les gestes les plus ordinaires. Les cicatrices s’affichent ouvertement, dans les corps blessés et dans la vie quotidienne : Beenina se prostitue tous les jours, Sémira, au bras droit paralysé, a des jeux bien cruels…

 

Dans ce décor se noue une intrigue qui pourrait sembler des plus banales : Ivan n’est pas mort, il s’est lâchement caché, lui et sa belle-sœur s’aiment, il est devenu l’homme de la famille. Mais il y a eu la guerre. Personne ne dit la réalité. Alors Ivan se retrouve à la même table que son frère sans parler, il est là mais ne doit plus exister. Quelles solutions : avouer, fuir, assassiner?

 

Lars Norén écrit la tragédie de la guerre non pas d’un point de vue historique, on ne connaît ni les vainqueurs, ni les vaincus, mais intime, il évoque la vie d’un homme et de sa famille pris dans la tourmente d’un conflit. La guerre est comme une excuse pour transgresser les interdits imposés par la société : tout est permis, tous les désirs peuvent prendre corps, on est libre de faire les choses plus terribles. C’est une explosion, une sorte de bacchanale moderne. Chacun a en soi la possibilité de devenir victime ou bourreau, ou les deux, l’un après l’autre, rien n’est simple ou évident. Avec Guerre, Lars Norén aborde sous un nouvel angle la problématique qui, ces dernières années, est au centre de son théâtre : qu’est-ce qui fait que l’homme survit, même après les plus terribles épreuves, même après avoir tout perdu ?

 

Amélie Wendling, Septembre 2003

Du 20 novembre au 21 décembre 2003
Avec

Simona Maïcanescu, Antoine Mathieu, Agathe Molière, Sophie Rodrigues, Gérard Watkins

Texte Français

Katrin Ahlgren et René Zahnd

Scénographie et costumes

Charles Koroly

Lumière

Erik Berglund

Son

Sophie Buisson

Accessoires

Philippe Binard

Assistante a la mise en scène

Amélie Wendling

Dates

Relâche le lundi

Durée

1h45

Lieu

Transformable

Production : Théâtre Nanterre-Amandiers, Théâtre Vidy-Lausanne

Le texte Guerre est publié chez Larche éditeur.